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 Behind blue eyes {feat. Anastasiya

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Chocolate Rain
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MessageSujet: Behind blue eyes {feat. Anastasiya   Lun 23 Fév - 18:13



❝ Behind Blue Eyes ❞
Ana & Dae

Le dîner s'achevait dans un éternel brouhaha. Les discussions allaient bon train. A la table des professeurs, chacun semblait pris à parler avec son voisin. Les sujets variaient du tout au tout. Alors que certains parlaient de ce qu'ils prévoyaient pour leur week end à venir, d'autres imaginaient déjà leurs plans pour les prochaines vacances.
Ce soir là, Daegan ne trouvait plus sa place dans ces échanges amicaux et bienveillant. Il s'était installé en bout de table, se disant que c'était là qu'on le laisserait plus facilement tranquille et que son mutisme passerait inaperçu.
Il mangeait dans un silence presque religieux. Le seul bruit qu'il faisait émanait du tintement de ses couverts lorsqu'ils s'entrechoquaient. Les yeux du professeurs étaient rivés sur le contenu de son assiette mais il ne faisait absolument pas attention à ce qu'elle contenait. On aurait put lui mettre de la bouse d'hypogriffe qu'il ne l'aurait pas remarqué avant de sentir un goût infâme dans sa bouche.

Lorsque le dîner prit fin, le professeur Livingston fut un des premiers à quitter la salle dès que l'occasion s'y prêta. Il se leva presque brusquement et il fila sans adresser un regard à quiconque ni même un mot. D'un pas pressé il traversa l'académie. Il arriva rapidement dans ses appartements. Là, à peine la porte fut-elle refermée sur lui qu'il se figea. Comme s'il reprenait conscience de lui et des choses qui l'entoure, Daegan attarda quelques secondes son regard sur son reflet que lui renvoyait un miroir accroché au mur. Daegan s'en approcha pour scruter son visage. Il faisait vraiment peur à voir. Ses yeux étaient creusés par la fatigue, des cernes étaient apparues sous ses yeux, dues à ses trop fréquentes insomnies. Il porta ses doigts presque tremblant sur sa joue avant de détourner brusquement le regard. Il n'aimait pas se regarder, il avait horreur de ça. A chaque fois qu'il croisait son reflet, une seule peur l'habitait. Il ne cessait de chercher malgré lui des traits qui lui rappèlerait son père et n'avait qu'une angoisse : en trouver.
Il ne supporterait son reflet s'il y retrouvait quoi que ce soit de son présumé paternel.

Le professeur Livingston s'approcha de son bureau où de nombreux papiers étaient étalés en bordel. Il attrapa une enveloppe. Un courier qu'il avait reçut le matin même et qui l'avait angoissé toute la journée. Dès la lecture de son nom sur l'enveloppe, Daegan avait reconnu cette écrite. Il ne l'avait toujours pas ouvert, redoutant ce moment. Le professeur s'assit sur son lit et ouvrit sans plus de cérémonie l'étrange courier.
Il retint sa respiration et lut avec beaucoup d'attention le contenu de cette lettre.
Au fur et à mesure que ses yeux parcouraient le parchemin, son visage sembla changer de couleur. Passant du blanc maladif à un rouge de colère. Une fois qu'il eut fini de la lire, Daegan fourra la lettre dans la poche de sa cape. Il sortit de ses appartements d'un pas rapide, énervé. Et il retraversa l'école, dans l'autre sens cette fois.

Le professeur sortit de l'enceinte de Durmstrang. La nuit commençait à tomber, mais l'obscurité le rassurait. Il se rendit aux fameuses marches de l'école. Arrivé en haut de ces marches, Daegan aurait voulut hurler sa fureur qu'il refoulait. Mais bien qu'il avait taché de s'éloigner, il ne pouvait jamais être sur qu'il était bien seul et que personne ne pourrait assister à ça.
D'un geste de rage non contenu, Daegan frappa avec une violence qu'on ne lui connaissait pas un malheureux pilier de marbre qui se trouvait là. Si la colère ne s'était insinué dans les veines du jeune homme, il aurait sans aucun doutes laisser échapper un cri de douleur après le choc, mais il avait cette dose d'adrénaline qui lui masquait cela. Il aurait mal, oui, mais une fois que sa rage serait calmée.

Une unique larme perla au coin de son oeil. Il voulut hurler, et frappa à nouveau ce pauvre pilier. Ses phalanges étaient à présent rougies. S'il continuait comme ça, assurément, il allait s'ouvrir et se blesser la main.
Habituellement, lorsqu'il sentait ses émotions prendre le dessus, il fumait. C'était une bonne façon de calmer sa rage. Mais là, une clope ne suffirait pas à le faire redescendre. Il avait besoin d'extérioriser toute cette colère qu'il camouflait du mieux qu'il pouvait et qui rongeait son coeur jour après jour en attendant la délivrance. La haine et le désir de vengeance assombrissait son âme. Il ne parvenait pas à retrouver son calme et sa contenance habituelle, ce soir, il avait envie d'exploser.


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Chocolate Rain
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MessageSujet: Re: Behind blue eyes {feat. Anastasiya   Lun 23 Fév - 18:13

Mes yeux se perdent dans l'assemblée des élèves attablés par dessus l'épaule de mon collègue qui me fait face. J'entretiens la conversation, mais je suis ailleurs. Je peine à retenir mon regard de s'évader dans le lointain, mes pensées de s'égarer sur des chemins sinueux. Je trouve un attrait surprenant à mon nouveau travail, mener des cours et transmettre mon savoir, dans un but autre que la destruction. Il y a quelques mois encore, c'était pour tuer que je formais des hommes, et c'est peut être ce qui m'a tant fait défaut : ne pas pouvoir me séparer de ce but final de destruction. Mes journées passent relativement vite, lorsque je suis face à mes élèves. Même si certains ne sont que des petits cons arrogants, même si je ne les apprécie pas tous, même si beaucoup pensent sûrement que je suis un monstre concernant la discipline, moi j'ai l'impression de m'y épanouir. L'effet serait vraiment durable s'il n'y avait pas ce Sortilège, pesant en permanence sur moi, sur nos, nos consciences et nos actes. Dès que je fais autre chose, dès que j'ai l'occasion de penser à autre chose qu'un sujet purement pédagogique, j'ai peur de perdre pied. Peur de voir la vague qui me guette me submerger, m'entrainer avec elle dans le gouffre qui s'étend à mes pieds. Me concentrer sur la banalité, sur de simples discussions entre profs me ferait surement du bien, mais je n'arrive pas à m'y plonger totalement. Je fais juste semblant, et ça a l'air de marcher. Malgré la discussion, je mange rapidement, sans vraiment me soucier du contenu de mon assiette. J'ai déjà dû essuyer des conditions beaucoup plus dures, des régimes drastiques, où la nature des aliments n'avait que peu d'importance, du moment qu'ils existaient. Ce soir c'est un peu pareil ; manger m'occupe les mains, mastiquer m'occupe la bouche. Je m'occupe par du vide, en fait. Paradoxal, non ?

Une fois le repas fini, je quitte rapidement la salle, pas dans les premiers, mais loin des derniers. Je n'ai jamais été fan des repas qui s'éternisent, à vrai dire. Et maintenant, je me sens fébrile, je me sens encore moins la patience de rester assise alors que j'ai fini de me sustenter. Adressant un bref signe de tête à mes collègues, je quittais la salle d'un pas déterminé, en totale opposition avec mes impressions intérieures d'indécision, de flou total. D'envies aussi noires qu'imprécises. Je ralentis, et me mets à errer quelques temps à travers les couloirs, prenant des détours, retardant le plus possible l'instant où je fermerai la porte derrière moi, me confinant dans l'espace restreint de mes appartements. Comme un condamné qui avance à reculons vers le lieu de sa détention. Je soupire. Je ne suis prisonnière que de moi même. Je le sais. Je le sais depuis des années, et je sais aussi que rien ne peut m'en libérer. Sauf... Non. Ne pas y penser. Eloigner ces pensées, ces envies, éloigner Badenov de ma tête. C'est trop compliqué, ça aussi, et me torturer avec maintenant ne m'apportera pas les réponses, aucune solution, rien. Mes poings se serrent, mes ongles s'incrustent dans ma peau dans une chaude douleur, une douleur agréable. Mes pas s'accélèrent, n'obéissent plus à cette volonté sourde de fuir l'immobilité et l'enfermement qui m'attend encore ce soir, encore pour toute cette nuit.

Et j'y arrive, finalement, alors que je ne m'en rends qu'à peine compte. D'habitude, je suis attentive à tout ce qui se passe autour de moi : chemin parcouru, durée, rencontres. Là, rien. Je me suis perdue en moi même, et mes pieds m'ont conduits tout seuls. Machinalement, je rentre. Machinalement, je ferme la porte derrière moi, d'une main. Mon regard se perd dans la pièce, désormais familière. Je m'installe à mon bureau et allume d'un coup de baguette la lumière, alors que de l'autre main je me saisis d'un dossier. Dans le but de travailler. Travailler ? Ai-je la tête à ça ? Je reste plantée quelques instants devant le dossier, alors qu'une envie me prend, soudaine, bouleversante. Encore le Sort, j'en suis sûre. J'ai envie de revoir leurs visages. Je sais que cela ne me fera que du mal, je sais que ce n'est pas moi qui ai ce désir, mais un artifice qui me l'inflige, pourtant je ne peux m'en défaire. Je sais où je les ai rangées. Peut être aurai-je dû m'en séparer. Un énième soupir. Je sors le portefeuille moldu de mon père, le range dans une des poches de ma veste. Travailler m'est impossible ce soir, pour l'instant en tout cas. Au milieu de la nuit peut être, lorsqu'un nouveau cauchemar mettra fin à mes espoirs de sommeil.

Mes pas reprennent dans les couloirs, et je me retrouve rapidement dehors. Là, je marche encore. Plus lentement, plus posément. Je tente de respirer l'air, alors que le froid mord ma peau et que ma respiration produit de la fumée à la sortie de ma bouche. Ma main est refermée sur le portefeuille, dans ma poche. Je n'ai plus regardé leurs visages depuis la fin de la guerre. Pourquoi maintenant ? Aucune idée. Parce que je ne suis qu'une victime, une victime de plus. Mes yeux fouillent une dernière fois autour de moi et je me décide à le sortir et à l'ouvrir. Le regard de ma sœur me procure un long frisson, me parcourant de long en large. Et brusquement, presque avec violence, je referme, et manque de le jeter dans ma poche. Comme si l'on m'avait brûlé. Comme si ils m'avaient brûlés, eux tous. Je le mériterai. Je lis dans les yeux de ma sœur, dans cette simple photo, toute la culpabilité qui serre mon cœur depuis ces années. Alors qu'elle n'y est pas, alors qu'il n'y a que la joie de vivre d'une petite épanouie. Que j'ai tué. Même indirectement. Je continue ma route, plus rapidement, ne pouvant me résoudre à retrouver l'atmosphère quasi-oppressante de ma chambre. Tout aussi perdue, tout aussi isolée dans mes pensées que tout à l'heure. Jusqu'à ce qu'un mouvement, à quelques mètres de moi, attire mon attention. Je lève les yeux et mets quelques secondes à comprendre la scène.

C'est Daegan Livingston. Professeur de je-ne-sais-plus-quoi, mais en rapport avec les animaux et la nature. Je peux entrevoir son visage, rouge, souffrant. Et son geste, qu'il répète, tel un martèlement muet, martèlement de son poing sur le pilier. Je m'approche, lentement. Je me pince les lèvres. Puis-je, ai-je le droit d'intervenir ? Quelque chose dans son regard me touche.

« Daegan ? Qu'est-ce qui ne va pas ? »
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MessageSujet: Re: Behind blue eyes {feat. Anastasiya   Lun 23 Fév - 18:14



❝ Behind Blue Eyes ❞
Ana & Dae


Le sang du professeur ne fit qu'un tour avant de le figer complètement. Arrêté net dans sa colère, la surprise avait dominée toute autre émotion. La colère ne s'était cependant pas dissipée, juste comme si on avait appuyé d'un coup sur le bouton pause... Le temps de voir, ce qui se passait. Une voix, une simple voix l'avait stoppé. Lentement, le professeur pivota sur lui-même, inquiet de savoir qui venait d'assister au spectacle, auprès de qui devrait-il se justifier... Qui avait eu le privilège de le surprendre dans un moment de fureur. Anastasiya ? ... Sur le moment, Daegan ne sut s'il devait d'avantage craindre ou se rassurer de la situation. Il ne connaissait que très peu l'enseignante. Ils avaient dut échanger des banalités, par ci par là, rien qui ne créer un réel lien entre les deux professeurs. De ce fait, Daegan ne savait que très peu de choses sur la jeune femme et était alors, incapable d'estimer le niveau de confiance qu'il pouvait lui accorder. Il avait envie d'être seul avec sa colère, il ne voulait pas de témoin, c'était quelque chose de beaucoup trop personnel et évidemment que l'on se poserait des questions en le voyant ainsi. Anastasiya avait toutes les raisons pour lui demander ce qui n'allait pas, il ne pouvait pas l'en blâmer et devait se retenir à tout prix de l'envoyer paître... Elle n'y était pour rien.

Daegan s'éloigna du pillier de marbre en se massant doucement ses mains endolories. Il n'osait trop regarder sa collègue dans les yeux et son regard revenait toujours à ses phalanges rougies.

❝ Et bien ... ❞

Il fallait vite qu'il réfléchisse, plus vite que ça en tout cas pour trouver une fausse excuse à baragouiner qui soit un minimum plausible dans l'espoir de réussir à convaincre l'enseignante.

❝ J'avais besoin de sortir me défouler un peu... Faire un peu de sport ... décompresser... Ils sont pas toujours tendre ces élève hein ? ❞

Daegan eut un petit rire gêné, et pour accompagner son attitude, il se put s'empêcher de passer une main derrière la tête pour se gratter le crâne. Comportement typique du mec qui essaie de te mener en bateau, il était pas toujours très fin le Daegan.

❝ Longue semaine faut dire ... et toi tu fais quoi dans le coin ? ❞

C'est qu'il était vraiment pas doué parfois. La finesse, c'était pas son plus grand atout. Il était tout ce qu'il y a de plus charmant et poli quand il le voulait, mais parfois, y'a pas à dire, il était vraiment pas doué. Pour preuve ce subtile changement de sujet dans l'espoir quasi vain de détourner l'attention de sa collègue. Comme si elle était assez dupe. Daegan était vraiment naïf parfois, comme un chat se pensant caché alors qu'il a tout l'arrière-train qui dépasse de la dite cachette... vraiment pas fin.
Il tenta d'adresser un sourire à Ana, histoire de faire genre "t'inquiète je vais bien" ...
Et rapidement en fait, il se rendit compte qu'il en faisait trop et n'était absolument pas crédible. Comme une douche glacée, il prenait du recul sur son attitude... Il ramena sa main abandonnée derrière sa tête à une position plus naturel et laissa s'estomper ce sourire faux. Un air un peu désespéré se lisait sur ses traits, blasé de son attitude aussi bien lorsqu'il était en colère que lorsqu'il cherchait à tout cacher. Il se trouvait ridicule. Alors, le professeur, dépité, se laissa tomber sur le sol, s'asseyant sur une marche et extirpa de son paquet de cigarette une clope qu'il porta à ses lèvres. Il tendit ensuite le paquet à sa collègue lui en proposant une. Ça c'était un acte 'amical' sincère, pas comme ce faux sourire qu'il lui avait sortit deux minutes plus tôt. L'espace d'un instant, le professeur Livingston s'imagina dans son attitude faussement heureuse... une vraie tête à claque.

❝ Attitude à la con, je suis désolé. J'étais à bout de nerf, je cherchais une excuse. Et toi alors, tu fais quoi dans le coin ? ❞



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MessageSujet: Re: Behind blue eyes {feat. Anastasiya   Lun 23 Fév - 18:14

Je me perds, je sens que je me perds. Je me noie dans un océan de douleur et de culpabilité, une noirceur dévorante qui ne me ressemble pas. Ou plutôt, pas à ce point. Les remords ont toujours été là, de même que la souffrance qu'ils engrangent, le souvenir des cris, des corps, des nuits... Mais moi qui tentais de m'en défaire, je ne pensais pas qu'ils puissent me hanter à ce point. Le temps devrait les effacer au contraire, les atténuer. Les enterrer, si bien que les retours à la surface seraient aussi rares que douloureux. Pas cette poursuite incessante et dévorante que je vis à chaque instant. Je sais que ce qui m'arrive n'a rien de naturel, que c'est uniquement le fruit du Sortilège. Je ne sais pas si ce constat doit être rassurant ou non. Il l'est d'un côté, mais de l'autre qu'il ne soit pas normal n'empêche pas que je ne puisse m'en défaire. Prisonnière. J'ai conscience des murs invisibles qui m'enferment dans ma douleur, et j'ai aussi conscience que me jeter dessus comme une forcenée ne m'aidera pas à les détruire. Qu'ils m'entoureront quoi que je fasse, jusqu'à la fin de mes jours sûrement. Que je verrai toujours ce reproche pourtant inexistant lorsque je replongerai mes yeux dans ceux, vides, termes, et pourtant immortalisés par la photo, de ma petite sœur. Pourquoi me torturer ainsi à regarder leurs visages, à l'allure si vivante sur le papier ? Ils sont morts, enterrés six pieds sous terre aujourd'hui. Blancs, sûrement encore plus blancs que la pâleur qui les recouvraient quand je les ai découvert. J'ai passé tant de temps à les regarder, ces cadavres sur le sol du salon, les corps des miens, innocents, aimants, souriants... j'ai passé tant de temps à contempler l'horreur, le jour de leur mort. Je n'ai même pas pu regarder la photo plus d'une seconde, aujourd'hui. Mes yeux n'ont pas été brûlés, le soir du meurtre. Aujourd'hui je sens des piques qui me lacèrent le cœur alors que j'ai à peine pris le temps de voir les contours de son visage encore si enfantin.

Je me hais.

Comment puis-je interrompre quelqu'un qui arrive à extérioriser sa douleur alors que moi même elle me réduit en lambeaux, sans que j'arrive à concrétiser cette douleur ? Je ne sais pas. Instinct basique, parler pour ne rien dire, parler pour me dire que je fais autre chose que penser à la brûlure en moi. Mais je l'ai mis mal à l'aise, je le vois bien. Nouveau coup supplémentaire ; en plus de me faire du mal à moi même, je dérange les autres. Je n'ai théoriquement aucun intérêt à me mêler des affaires d'autrui, mais il y a aujourd'hui quelque chose qui m'a alerté dans le regard du professeur Livingston, les quelques secondes où je l'ai croisé. Et il me répond le truc le plus con du monde, et il se figure comme s'il avait l'air crédible. J'ai envie de rire, envie de mourir de rire putain, parce que je suis tout aussi pitoyable que lui, et qu'au fond la mort ce serait peut être la voie de sortie la plus honorable. Je tente pourtant de lui faire croire que son excuse bidon marche. Je tente pourtant de lui sortir une réponse, à ce que moi je fais dans le coin.

« Je... »

Finis ma phrase d'une traite.

« C'est un peu pareil, en fait, j'avais envie d'être seule, de... respirer un peu le bon air... Je suis fatiguée. »

Et j'ai surtout l'air débile, oui. Je tente de ne pas trop le dévisager, alors qu'après un enchainement de petites mimiques il se laisse tomber sur le sol. Je m'assois à côté de lui, mais lui répond d'un signe négatif de la tête.

« Merci, mais je ne fume pas. »

Je ravale ma salive.

« C'est... C'est moi qui suis désolée. Je ne voulais pas non plus te déranger. Je crois que je suis à bout de nerfs aussi. De plus en plus, et je n'arrivais plus à rester enfermée entre quatre murs. »

Je continue d'une voix blême, presque murmurée.

« Il y a des choses qui te poursuivent toute ta vie, quoi que tu fasses, mais parfois elles décident de s'en prendre à toi encore plus brutalement. »

Pourquoi lui dire ça ? Il ne pouvait pas comprendre, de toute manière. Il faut que je réussisse un peu à avancer avec, et je ne comprenais pas l'envie soudaine qui m'avait prise de lui sortir ces mots.

« Je... je veux pas t'embêter avec ça. C'est simplement que je ne supporte plus l'immobilité, j'ai envie de bouger, de faire quelque chose... Les élèves sont de plus en plus agités, eux aussi. »
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