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 Promesses Assassines

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Chocolate Rain
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Messages : 285
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MessageSujet: Promesses Assassines    Lun 1 Aoû - 15:58

Promesses assassines
Eren & Delliha

La princesse McLeod s’était drapée de perfection aujourd’hui… Regardez-la, cette belle poupée au port si altier. Le menton si haut, les mèches onctueuses et d’ébène tombant contre sa nuque délicate. Elle portait une robe digne de son rang, digne de son nom, simple et élégante, au col carré si sage. Quelques bijoux agrémentés sa tenue, fins et légers, prouvant la puissance de cette famille sans pour autant en devenir ostentatoire. Le joyau était cette femme-enfant qui approchait, sa main contre le bras d’un homme à l’âge mâture, aux airs sévères. Elle accompagnait son père, Hector McLeod au manoir familial des Lestrange. Il n’avait plus à prouver sa puissance et son réseau, Hector McLeod était devenu un homme incontournable au sein de sa famille et de l’aristocratie britannique. Chef des Langues de plomb, puis récemment Directeur du Département des Mystères, il était élégant et portait dans ses traits un mystère intimidant. Père et fille possédaient ces yeux si perçants, aux regards bien trop pertinents. De véritables vipères capables de sourire et vous amadouer. Delliha McLeod avait hérité de la beauté glaciale de sa mère, bousculée et fragilisée par les déboires de sa tendre enfance. Pourtant, elle était dangereuse sous ses allures de poupées de porcelaine aux moues boudeuses. Elle semblait si jeune, si fragile, pourtant la fin de ses études approchaient, elle possédait les résultats et le réseau pour se hisser là où elle le désirait...
Si l’homme dissimulait la Marque des Ténèbres sous le tissu sombre de son costume et sa cape luxueuse, sa fille dissimulait sous sa chair une ambition carnassière et dans sa poitrine une maladie qui la rongeait avec délice. Enfant, elle avait goûté l’onde salée, perdant connaissance dans les flots impétueux de la mer. Perdue dans les tréfonds de son inconscience, la beauté lugubre avait frôlé la mort avant de revenir plus frêle que jamais. Elle était devenue imparfaite entre les idées de ses frères, devenue une simple malade qui s’était trop battue pour faire oublier l’idée qu’elle ne serve plus à rien… Cela parlait beaucoup dans les ombres, dans les réceptions, ou entre ces hommes tatoués : la belle enfant avait rejoints les Woundeaters, elle a reçu l’enseignement de trois Mangemorts différents : Hector McLeod, Audric Nott et Thaddeus Lestrange. Chacun sa spécialité, chacun ses méthodes et elle apprenait vite. Elle était assoiffée, désireuse de devenir puissante, savoir se défendre puis se battre. Elle regorgeait de tant de haine et de rancune qu’elle rêvait du jour où elle pourrait faire couler la douleur d’un faisceau de lumière… Elle avait prouvé aux ombres qu’elle serait capable de mieux, que sa maladie n’était qu’un mythe. Mythe qui la faisait pourtant disparaître de Poudlard parfois, l’accablant alors de rattrapages et de cours particuliers. Mais elle tenait bon. Elle s’accrochait, brillait de ses résultats plus que satisfaisant.

Les Letrange…  Famille de sang-pur liée à deux autres familles aux agissements regrettables… Si les Lestrange s’étaient illustrés à maintes reprises dans la beauté de leur extrémisme, leur talent en magie noire, leurs alliances avec les Black et les Malefoy étaient quant à elle un peu plus décevante. Les Malefoy avaient longtemps commercés avec les moldus et n’étaient aujourd’hui qu’une famille résinée à se contenter des alliances qu’elles possédaient déjà, à l’instar des McLeod qui ne cessaient d’acquérir et se mêler. Quant aux Black, leurs arbres sont si changeants, des noms disparaissant face aux injonctions des patriarches désabusés du comportement honteux des siens… Delliha McLeod aurait pu subir le même sort cuisant de part sa maladie ou ses derniers méfaits. Mais elle jouait avec les rumeurs, jouait de ses moues et avait surtout extirpé ces souvenirs de son crâne pour les faire disparaître. Si elle avait réussit à éloigner Amadeus Von Sachsenheim aux manières si déplacées, aux rêves d’enfant naïf, ce n’était pas pour se retrouver sous le joug de menace parce que l’on aurait découvert ses honteux petits secrets…

Alors les deux McLeod avançaient, conviés dans ce manoir. Négociations, apéritifs et repas étaient prévus avec les deux chefs de famille. Sa mère n’avait pu être présente, trop occupée à la direction de Sainte Mangouste, mais s’était excusée personnellement. Tout se déroulait parfaitement, l’attente était presque parfaite. Evidemment, vous étiez conviés toi et elle à sortir de la place lorsque venait l’instant de parler de sa dot ou de sa maladie à laquelle ton père avait déjà été sensibilité, rassuré… Une maladie comme une autre… Une maladie qui importait peu lorsque l’on savait que ta fiancée avait étrangement disparu. Lorsque des rumeurs sur ton manque de patience tournaient.

Elle avançait avec toi, la belle poupée McLeod. Silencieuse, elle laissa son regard couler un instant sur tes traits figés, avant de sentir la truffe chaude de son patronus contre sa paume. Sokratis était un loup blanc aux yeux de sang, angoissant les jeunes élèves de Poudlard. Delliha te connaissait à peine. Elle avait déjà travaillé avec toi, durant quelques travaux en binôme. Tout s’était étrangement bien passé. Vous échangiez en vous écoutant et respectant les idées ou les interrogations de l’autre, vous avanciez sans bavures, obtenant d’excellentes notes. Elle se souvenait avoir eu plaisir de travailler avec toi pour la simplicité et les démarches carrées. Elle n’avait pas eu besoin de reprendre ton travail… Et tu étais là, si froid, dans ce beau costume. Tu ne lui inspirais ni tendresse, ni amour, simplement de la curiosité… Une curiosité malsaine, cette envie de découvrir qu’elles seront les nouvelles limites de ce nouveau jeu. Elle ne rêve pas d’amour, mais d’un tout autre équilibre. Elle ne désire pas d’un homme faible et transit, mais d’un allié qui sera capable de partager sa vision, qu’elle sera prête à épauler si il est capable de respecter les valeurs des McLeod… Dans cette famille, les femmes ne sont pas toutes vouées aux ménages et à l’entretien du réseau féminin aristocratique. Les femmes sont aussi à des postes importants, capables de soutenir leurs maris ou les suppléer dans les tâches de gestion. Mais ça, elle savait que ce n’était pas le cas dans toutes les familles.

Arrivée sur un balcon, elle observa l’immense domaine, les parcs et les forêts, avant de demander, d’une voix douce, mesurée : « Qu’est-ce qui est arrivé à ta précédente prétendante ? » Le danger, l’horreur, tels des lumières pour les insectes de nuit.
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Chocolate Rain
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MessageSujet: Re: Promesses Assassines    Lun 1 Aoû - 16:03

Promesses Assassines
Une alliance ne protège qu'un seul doigt
Delliha✧ Eren
Assise sur le fauteuil du salon, ma mère tapotait l'accoudoir de ses doigts fins en un geste agacé. Mon père ne disait mot, silencieux il faisait face à la fenêtre le regard perdu dans l'immense espace vert que composait notre jardin. J'étais assis, face à eux sur l'imposant canapé en cuir blanc qui trônait dans notre salon, ma louve noire assise dignement à mes côtés. Nous attentions en silence nos visiteurs. Si mon père affichait son habituel masque d'impassibilité, ma mère en revanche semblait un peu plus nerveuse. Elle ne cessait de jeter des coups d'oeil à la porte, attendant leur arrivée d'un instant à l'autre. L'appréhension la gagnait de part l'espoir qui résidait en ces futurs accords.  Il faut dire que ma mère avait été folle de rage en apprenant à quelle souillon ils avaient bien faillit me marier. Mes parents ne m'avaient soufflé mot la dessus, mais Phinéas, un de mes ancêtres devenu fantôme m'avait confié le désarrois qui l'avait gagnée. Je laissais mes doigts glisser dans le pelage noir de mon patronus. J'avais une certaine nonchalence qui m'était propre. Au fond de moi je me posais mille et une question sur la jeune femme qui allait franchir cette porte. Nous nous connaissions vaguement, mais pas assez à mon goût. Tout un voile de mystère assombrissait la jeune femme, et il me tardait de le lever. Je redoutais tant de voir mon premier échec se renouveler. J'espérais vivement trouver une jeune femme de mon calibre, plus qu'une épouse: une alliée, comme ma mère l'était pour mon père. Ils étaient bien différents tout deux mais se complétaient à merveille. Ils avançaient d'un pas commun et ce depuis leur union. Je ne souhaitais que le même avenir, quitte à devoir m'unir à quelqu'un pour faire perdurer ma famille, autant qu'elle en vaille la peine, et qu'elle soit digne de l'héritage que j'avais à transmettre. “ Elle vaut tellement plus que l'autre Eren. Il n'y a qu'à voir son patronus. ” Je baissa les yeux vers Psyché. Ma louve ne pouvait s'empêcher de recherche la compagnie, et notamment celle des autres patronus. Je l'avais vu s'amuser avec le patronus de ma future promise lorsque nous étions occupés à travailler ensemble. Je ne parvenais à saisir réellement cet attachement que pouvait ressentir Psyché. Mais elle était sincère et ne se trompait que rarement. Elle l'avait vraiment apprécié. “ C'est un reflet de son âme après tout, nous verrons bien. ” Un elfe de maison fit irruption dans la pièce, apportant trois verres de cristal ainsi qu'une belle bouteille d'un vieux whisky pur feu. Ce n'étaient que les derniers détails que les deux familles allaient régler aujourd'hui, les deux pères s'étaient déjà rencontrés au préalable. Ma mère avait cependant insisté pour rencontrer elle aussi le père ainsi que la fille avant de sceller tout accord. Nos convives ne tarderaient plus et nous étions prêt à les recevoir.  

Accompagnant mes pensée, un second elfe vint à la rencontre mes parents dans le salon, leur annonçant l'arrivée de nos invités. Je me redressa alors, me tenant bien droit, digne de ma famille. Lorsqu'ils s'avancèrent enfin dans le salon, mon regard se perdit sur la jeune femme qui restait aux côtés de son père. Je connaissais son visage pour avoir travaille maintes fois avec elle, mais il me semblait le redécouvrir aujourd'hui. Il m'apparaissait sous un angle différent et il ne me semblait plus être le même. Je me leva alors, en garçon bien éduqué que j'étais, accueillant les McLeod avec respect. Mon père s'avança vers eux, se détournant enfin de la contemplation du paysage. Après que nos parents nous aient respectivement présentés, nous fûmes invités à quitter la pièce. D'un regard subtil, je proposa à la jeune femme de me suivre. Nous nous rendîmes à l'étage pour arriver sur un balcon. De là, la vue était imprenable sur le domaine de ma famille. Je ne savais trop quoi dire à la sorcière. Si jusqu'à présent je n'avais pas éprouver le besoin d'en apprendre plus sur elle, aujourd'hui j'avais bien envie de tout savoir sur son histoire. Je n'eus le temps d'entamer la conversation que tu la commençais déjà. A l'entente de ta question, cet habituel sourire mauvaise étira mes lèvres, amusé par cette curiosité. Il était normal, presque évident qu'elle poserait cette question à un moment, mais j'avais cru que tu serais plus patiente. Visiblement non, tu entrais dans le vif du sujet, en venant à l'essentiel et je fus surpris de constater que cela me plaisait. Son regard ne vacillait pas, me fixant, attendant une réponse. Je tourna mon regard vers la forêt qui se profilait au fond du jardin en arborant un air songeur. “ Elle s'est envolée, tu as bien dut en entendre parler... ” Je parlais d'une voix détachée. Dans mon esprit je revivais cette soirée là comme si elle avait eu lieu la veille. Psychée elle me fixait avec un air inquisiteur. Elle ne put s'empêcher de me questionner sur mes intentions. “ Mieux vaux que tu lui annonce la couleur, sans toute fois entrer dans trop de détails... pouvait être... comment dire ? Dérangeant ? ” Je souris doucement, approuvant la louve. Je posa alors mes yeux sur la verte et argent qui attendait d'en apprendre plus que ce que les rumeurs avaient put lui souffler. “Que penses-tu des traîtres Delliha ? ” Je passa machinalement une main dans le pelage de Psychée avant de continuer. “ Elle faisait partie de ceux que l'on nomme des traîtres à leur sang, fricotant avec un sang de bourbe depuis de nombreuses années déjà. Tu comprendra bien que je ne pouvais m'encombrer de pareille vermine... ” Je restais évasif, savourant ce mystère. Un jour peut-être, nous en parlerons autrement qu'à demi-mot mais en ce jour, je ne pouvais me permettre de te confier de tels secrets. Je ne connaissais pas ta valeur et j'avais grandement besoin de l'évaluer avant de t'accorder une once de confiance. Je ne devais pas répéter l'erreur que j'avais commise avec la précédente. Je l'avais laissée vivre, ne cherchant pas à la découvrir, accordant une confiance en notre avenir. Je ne savais pas que sous son étiquette s'était caché une immonde traître. Et si seulement j'avais pris le temps de la découvrir une telle bêtise n'aurait jamais été commise. J'étais de ce fait bien décidé à en découvrir d'avantage sur la belle jeune femme que Delliha semblait être. Elle paraissait si frêle, si fragile, était-elle vraiment une femme de la trempe que j'espérais ? Serait-elle une épouse de taille ? A ce jour là, je ne pouvais être sûr de rien.  “ Mais puisque tu attaque le sujet, nous pouvons dès lors parler de toi... Qu'est-ce qui n'a pas marché avec ce cher Amadeus ? ” Je planta mes yeux dans son regard, attendant qu'elle aussi lève un voile pour moi.
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Chocolate Rain
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MessageSujet: Re: Promesses Assassines    Lun 1 Aoû - 16:03

Sous les yeux de la poupée McLeod s’esquissait un sourire mauvais sur tes lippes, visiblement amusé par cette question si directe. Ses yeux clairs caressaient ta bouche avant de détailler une nouvelle fois ton visage sans éviter ton regard. Au contraire, elle le cherchait, s’accrocher à toi et cette nouvelle attention qu’elle se devait d’acquérir… « Elle s’est envolée, tu as bien dû en entendre parler… » Elle sourit sans rien dire, laissant son attention suivre la tienne. Evidemment qu’elle en avait entendu parler… Lenore Von Sachsenheim avait fait cette découverte avec elle. Ce jour là, elle s’en fichait éperdument, plaignant seulement le Lestrange et encourageant son amie à t’apprendre cette nouvelle, qui enchantait Lenore. Aujourd’hui, c’était une autre histoire. Laisse lui une chance… Elle inspirait légèrement, ravalant son venin. Elle avalait sa salive et attendait, puisque cette réponse ne lui convenait pas. Mieux vaut que tu lui annonce la couleur, sans toutefois entrer dans trop de détails… pouvant être… comment dire ? Dérangeant ? La femme-enfant haussa un sourcil, presque surprise, presque pincée avant de reposer ses prunelles sur toi : ce sourire, elle le voit se glisser légèrement sur tes lèvres. « Que penses-tu des traîtres, Delliha ? » Son cœur rate un battement mais elle ne bouge pas. Tel un maître, tu parlais en caressant la bête à tes côtés, pourtant si sage. La suite, quant à elle, lui fit baisser les yeux, incapable de retenir ce léger sourire satisfait. Tu vois… Elle n’était pourtant pas surprise, puisque cette réalité que tu énonçais : elle la connaissait. Ce n’était guère un secret que les deux vipères se cotoyaient, malgré la rupture des promesses avec les allemands. « Mais puisque tu attaques le sujet, nous pouvons dès lors parler de toi… Qu’est-ce qui n’a pas marché avec ce cher Amadeus ? » C’est à cet instant précis que Delliha McLeod réalise que tu partage son dortoir depuis trop longtemps. Que tu as du entendre parler d’elle lorsqu’Amadeus devait la trouver insignifiante, incapable pour porter ses enfants, trop faible pour un homme de sa stature. Tu dois tout savoir, probablement, mais cette idée la glace. Allait-elle devoir affronter une nouvelle fois le relent d’une bêtise congénitale ? La poupée sourit alors légèrement en coin, reliquat d’un mépris qui ne t’était pas destiné. Elle devait choisir ses mots avec soin, mais elle ne désirait pas s’écraser une nouvelle fois… Elle avait passé sa vie à apprendre l’allemand et leurs coutumes étranges. Elle avait appris à connaître chaque personne, chaque sujet délicat et les habitudes de chacun… Pour rien. Pour tout recommencer avec les tiens.

Les yeux de la poupée trouvèrent les tiens et elle te toisa quelques secondes, laissant le silence retomber. Chaque silence a son importance, déployant un sens mystérieux. Certains s’angoissent, d’autres ont un besoin irrépressible que de les combler, quand d’autres les utilisent pour dominer, pour donner sur poids à leurs propos. « Le respect ? » Sa poitrine se soulevait légèrement, laissant ses orbes glacées détailler ton visage avant de retrouver ton regard. Elle sourit enfin, la petite, ses lèvres s’étirant avec un léger air sournois. « Des années d’insinuations insultantes,  une présence creuse, suffisante et injustifiée… Sans vouloir critiquer tes fréquentations, évidemment. Il est certain que Von Sachsenheim ait un peu plus de cachet auprès d’héritiers… » Elle détournait enfin son attention, s’approchant de la rambarde de pierre, observant le domaine un instant. « J’obtiens toujours ce que je désire… » Extrêmement présomptueux de sa part, mais aujourd’hui était une nouvelle preuve de sa perfidie. Elle avait poussé ces fiançailles, de manière consciencieuse, jusqu’à leurs échecs. Etait-ce si surprenant que simple repas de courtoisie se transforme en joute verbale si peu courtoise, étriquée par l’hypocrisie languissante ? Delliha McLeod se perdait un instant parmi le paysage avant de se tourner vers toi. Elle s’approchait, ses doigts venant effleurer ta cravate lentement, sans réellement créer le contact. Pourtant elle se glissait dans ton intimité sans crier gare, délicatement, telle une vipère sournoise. Elle sent ton parfum à cette proximité, détaille les plis de ta chemise avant de relever son visage vers toi. La poupée reprend la parole, plus bas, plus intimiste : « J’ignore si tu connais réellement les McLeod… Mais je compte suivre au minimum les traces de mon père. » Une légère moue étire ses lèvres avant qu’elle se siffle encore : « Et j’ose espérer ne jamais à avoir à te considérer comme un adversaire… Bien au contraire. Je ne ferais que te rendre ce que tu me donnes… Si tu souhaites me rabaisser et m’écraser, je n’éprouverais aucun remord à faire de ta vie un enfer. » Elle ne se destinait pas à une vie de ménage, elle ne resterait pas cloîtrer dans ce manoir. Elle aurait une vie, indépendante de la tienne, s’il le fallait. Ces fiançailles pourraient n’être qu’un bout de papier, comme être vécue comme une véritable alliance. Elle s’écarte, ses traits se tirant légèrement dans un rictus de mépris alors qu’elle crache un peu plus dure : « Alors pitié, si c’est pour répéter une énième mascarade, ne faisons pas perdre plus de temps que nécessaire à nos familles. »
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MessageSujet: Re: Promesses Assassines    Lun 1 Aoû - 16:04

Promesses Assassines
Une alliance ne protège qu'un seul doigt
Delliha✧ Eren
En ce doux fin d'après-midi de printemps, j'appréciait à revoir le jardin de mes parents à cette période de l'année. Depuis que j'étais à Poudlard, je n'en profitais que l'été ou lors des vacances de noël. Mais c'était bien au printemps que le domaine était le plus resplendissant. Des arbustes d'aubépine en fleur marquaient la limite entre le jardin et la forêt. Le jardin était assez dégagé avec quelques massifs de fleurs sauvage ici et là. Il y avait quelques arbres fruitiers dont les fleurs dégageaient une douce odeur en cette belle saison. Des petites pâquerettes fleurissaient un peu partout donnant par endroit l'impression d'un jardin blanc. Une allée bordée de jasmin, de pensées et de vervaine menait à une terrasse ou une élégante table en fer blanc trônait pour les déjeuners d'été. Le long du manoir, des pivoines d'un camaïeu de rose apportait une douceur à l'imposante demeure. Au fond du jardin, il y avait un petit étang sur lequel des nymphéas rouges écarlates fleurissaient. L'ensemble donnait un cadre idyllique d'une grande douceur. Alors que mes yeux se perdaient un instant dans la contemplation du lieu, je restais concentré sur les paroles de la jeune femme à mes côtés. J'écoutais avec intérêt ses paroles, entendant son mécontentement. Mes yeux se posèrent alors sur elle, se détachant du jardin, observant la douceur de ses traits et savourant la véhémence de ses mots. Je resta silencieux, ne l'interrompant pas et fut même amusé de sa phrase. J’obtiens toujours ce que je désire. Je ne dit mot, souriant cependant alors que je replongeais mes yeux dans le jardin fleuri qui s'offrait à nous. Je m'interrogea sur le sens de cette affirmation, étais-ce une signe de caractère ? preuve d'une détermination sans faille. Une femme forte et sûre d'elle pouvait se cacher derrière ce masque frêle. Ou alors le simple témoignage d'une attitude précieuse d'une princesse capricieuse. Petite fille gâtée assouvissant le moindre de ses désirs, ne supportant le refus et s'obstinant dans une opiniâtreté agaçante. C'était une chose de concrétiser ses désirs mais s'en était une toute autre de savoir ce que l'on voulait et d'accomplir de véritable buts. “ Seul le temps nous le dira. ” Oui, il faudra se montrer patient, être attentif. Et puis elle continua, j'entendis ces paroles comme une menace à peine dissimulée. Je me demanda alors quel était le but recherché en me disant tout cela. Voulait-elle m'intimider ? me dissuader d'un tel comportement ? Il m'en faudrait d'avantage si tant est que je souhaitais réellement agir de la sorte avec elle. Elle s'avançait sur un terrain qui lui était inconnu, ne sachant qui j'étais, redoutant certainement que je ne sois qu'une pâle copie de mon prédécesseur.

Je conserva mon attitude détachée, baissant mes yeux sur une plante grimpante qui avait atteint le balcon sur lequel nous nous trouvions. Je tendis alors ma main pour cueillir une clématite, douce fleur d'une beauté fragile. Je tins sa fine tige entre mes doigts, la faisant virevolter avant de la lâcher pour la regarder tomber en tournoyant vers le jardin.  Sans quitter la fleur qui virevoltait dans sa chute, je parla enfin. “ Tu as raison, je n'aime pas perdre mon temps moi non plus. ” Je replongea mes yeux dans ceux de la verte et argent. “ Et je ne connais que très peu les McLeod. ” Je lui souris doucement, presque amusé de ses craintes à mon égard. S'il n'y avait que cela à redouter... C'était si peu, si anecdotique... “ Si dérisoire ? ” Oui, aussi. Mais si c'était cela qu'elle redoutait, alors mon devoir serait de la rassurer, comme je souhaitais qu'elle apaise mes propres doutes. Chacun son vécut, et chacun son passé. J'espérais cependant en cet instant que je faisais en ce jour une agréable rencontre. Car je considérais cette entrevue comme une première rencontre, tout les moments précédents que nous avions partagés n'étaient que des formalités. Jamais je n'avais appris à la connaître, alors jamais je n'avais rencontré la véritable Delliha McLeod. “ Je pense bien que nous avons tout deux tant de choses à apprendre l'un de l'autre. ” Je me tourna alors, m'adossant à présent au muret de pierre, continuant de regarder la belle sorcière. “ Je comprends bien tes craintes. Et ce n'est pas avec des mots que je saurais te rassurer. Sache qu'une femme invisible et sans envergure ne m'intéresse aucunement. Je ne veux pas porter un fardeau sur ma route. J'ose espérer que l'un comme l'autre trouveront satisfaction dans cet accord, au delà des désirs de nos parents. ” Je lui souris alors, montrant la confiance que j'osais miser en l'avis et la décision de mes parents. Et puis elle pouvait se rassurer, si dans ma famille une réelle intolérance aux moldus se ressentait, la place de la femme quant à elle avait toujours été bien considéré. Certes mon père était le seul maître d'importantes décisions, mais il l'avait toujours fait de concert avec ma mère, prenant son avis au delà d'une simple consultante. Regardez, lorsqu'elle avait exigé de rencontrer le père et la fille McLeod avant de conclure quelconque accord, mon père avait accepté à l'instant ou sa demande était formulée. C'était naturel, évident qu'elle avait son mot à dire. Mes parents m'avaient montré la force de leur couple tout au long de ma vie. Ils étaient fort séparément mais d'avantage lorsqu'ils étaient ensemble. Une équipe que j'enviais et que je désirait vivement former dans ma vie future. Hors la précédente avait bien été qu'un stupide pion sur mon échiquier, ce que je voulais, c'était une pièce maîtresse, une reine. Du bout de son museau, mon patronus vint se frotter à la poche de ma veste, me rappelant la présence d'un petit paquet. Oui, je l'avais presque oublié. Il s'agissait d'un présent que ma mère désirait me voir offrir à la jeune femme. Elle ne m'y avait pas contraint mais fortement encouragé. Pour lui prouver ma bonne volonté. J'avais cependant besoin d'un peu plus de temps, peut-être à la fin de notre entrevue consentirais-je à lui offrir ce bijoux précieux et délicat. Psyché n'ajouta rien, voulant simplement que je n'oublie pas ce détail. Elle s'avança alors vers le patronus de la jeune femme, s'asseyant à ses côtés. Elle le regarda timidement, ayant déjà eu l'habitude de partager des moments en sa compagnie. Elle l'appréciait, c'était un fait. Mais l'atmosphère entre leurs deux sorciers étaient bien différente de ce qu'ils avaient connu jusqu'à présent.
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MessageSujet: Re: Promesses Assassines    Lun 1 Aoû - 16:04

« Tu as raison, je n’aime pas perdre mon temps moi non plus. » La jolie petite poupée se fige un instant. Sous les masques parfaits de porcelaine coûteuse, sous les traits et les couleurs déposées avec soins, la peur s’agite, l’angoisse se morfond. Etais-tu en train d’insinuer quelque chose de bien plus grave ? Serais-tu capable de comparer ton ancienne promise à elle ? Des rumeurs avaient coulé à son sujet et elle n’en avait jamais parlé… Sauf avec Kilian Aymslowe, son meilleur ami. Cuisant désaccord qui leurs avaient fait perdre patience, perdre les pédales, écorchant au passage leur relation à laquelle Delliha tenait beaucoup trop.

La petite princesse garde pourtant un visage si doux, sur lequel s’esquissait parfois de léger sourire. C’était un joyau, une femme qui a été éduqué pour être digne, attiser les convoitises et les regards. Elle savait les trouver, elle avait appris en jouer et surtout à se mouvoir d’une grâce que seules les dames sont forcées à apprendre. Tout n’était que retenue et délicatesse, un corps coincé dans des tissus trop serrés, jusqu’à la manière de prononcer les mots, laisser chaque syllabe prendre forme et chaleur. Un véritable équilibre de détails qui pourtant avaient constitués des années de disputes et de crises de larmes entre Delliha et sa mère. Longtemps, elle avait boudé les robes et les règles... Ce n’était qu’une enfant qui réclamait la liberté plus violente de ses frères, leurs laissés-passés vers l’extérieur pour quelques sports plus abruptes, loin des livres et des robes… Elle en avait jeté par son balcon, insupportable gamine capricieuse, qui crisait, se refusant d’être petite fille lorsqu’elle aurait pu être petit garçon. Seule demoiselle entourée de ses trois frères, elle voulait les suivre, devenir aussi forte et impitoyable qu’eux… Heureusement, son père avait su transformer son petit diable en belle jeune femme. Malheureusement, il n’avait jamais étouffé cette compétitivité entre ses enfants, promouvait l’élitisme… Alors elle les avait suivis dans l’océan. Cette course interminable où elle a disparu parmi les vagues. Son corps bousculé dans l’écume. Ses poumons gorgés d’eau. Cette douleur continuelle dans sa poitrine. Cette irritation quasi-constante dans ses bronches. Comme les odeurs de ces fleurs qui se glissaient en elle.

« Je comprends bien tes craintes. Et ce n’est pas avec des mots que je saurais te rassurer. » La cadette McLeod reste muette. Ses prunelles trop claires te détaillent. Elle n’a rien à dire, rien à contredire. Tes paroles sont pleines d’un sens qu’elle apprécie. Tu la rassures là où elle pourrait écraser. « Sache qu’une femme invisible et sans envergure ne m’intéresse aucunement. » Et il en était de même pour elle. Elle ne voulait pas d’un homme incapable, d’un incompétent qui ne ferait que se prélasser de ses avantages… Elle voulait ambition et objectifs, elle voulait une véritable vie, une épopée à écrire…. A deux.

« Je l’espère aussi. » Delliha donne un peu plus échos à cette recherche de satisfaction. Elle espère de tout cœur que tout ceci ne sera pas vain. Que vous saurez construire quelque chose qui vous ressemblent et vous conviennent à tout deux. En cet instant, elle ne l’imagine pas, elle ne le conçoit pas. Une vie avec un inconnu. Une vie avec toi, alors qu’elle ne connait que ton prénom. Pas même celui de ton patronus, encore moins tes rêves, tes ambitions… Non, elle ignore tout de toi et cette constatation l’écœure. Elle n’est qu’un pion avancé sur cet échiquier. Une future Reine, peut-être, offerte à un chevalier, Roi en devenir.

Elle ne dit rien, elle n’est pas chez elle. Elle reste calme, sereine, bien qu’elle attende. Tu es l’héritier de cette lignée, tu es ici chez toi. C’est à toi de la guider au travers du manoir pour lui prouver à quel point elle sera perdue ici. Delliha est curieuse aussi de voir à quel point tu veux l’apprendre, la découvrir, alors elle se tait et attends que tu agisses. Elle a passé des années à tenter de plaire à Amadeus Von Sachsenheim. Etrangement, elle plaisait, mais pas à lui. Trop faible, trop malade, pas assez, tout simplement.

Sokratis se redresse à peine lorsque Psyché s’approche. La poupée les observe faire. La femelle est lente, presque timide, alors qu’elle se posait en face de lui. Le mâle, quant à lui, demeure un instant figé, observant la louve sans rien dire. Elle se souvenait de ces soirées où ils travaillent et qu’ils retrouvaient leurs patronus allongés et posés l’un contre l’autre. Une proximité étrange et gênante, qui n’avait pas lieu d’être pour des inconnus. Deux âmes qui se lient, se touchent, berceaux de leurs intimités…
C’est sous le regard sévère de Delliha que le loup blanc se redresse sur ses quatre pattes et vient renifler l’odeur de la louve. Son museau effleure le sien et sa gorge avant de la bousculer un peu, probablement à la recherche d’une réaction un peu moins timide. Ce geste fait sourire légèrement la jeune femme, d’un sourire légèrement narquois.

Elle inspire, s’apprête à te demander quelque chose, lorsqu’elle relève la tête. Mais elle se fige et hausse un sourcil en voyant deux fantômes dans l’encadrement des portes doubles. Véritablement sortis d’un autre monde, elle se souvient un instant des mises en garde de son père à son propos. Chez elle, il n’y a pas de fantômes, seulement des tableaux désagréables, d’autres beaucoup plus drôles. Il n’y avait rien de tel. Pas un tel homme, qui paraissait si jeune et confiant, si intimidant de son menton si haut. Et la femme qui l’accompagnait, dont même les allures fantomatiques ne sauraient retirer son charme carnassier et hautain. Delliha ne chercha pas ton regard, ni ton aide, elle s’inclina simplement et respectueusement. Archibald et Constance Lestrange. Depuis que son père parlait des Lestrange, on lui avait donné quelques bases pour ne pas être totalement perdue ici, entre ces murs épais.
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Chocolate Rain
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MessageSujet: Re: Promesses Assassines    Lun 1 Aoû - 16:05

Promesses Assassines
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Delliha✧ Eren
Je resta silencieux un instant, observant la jeune femme approcher une main de moi, effleurant ma cravate. je resta impassible, ne sachant où elle voulait en venir. Je restais sur mes gardes, n'abaissant pas mes défenses aussi facilement. Je ne la connaissais que si peu à vrai dire et il me faudrait du temps, beaucoup de patience aussi pour lui accorder une réellement confiance. Elle avait cet air qui brillait au fond de ses yeux. D'apparence elle semblait si calme si fragile, mais il y avait cet éclat que je discernais étouffé par sa douceur. Une lueur d'espièglerie, peut-être une sournoiserie. Je n'en savais rien, mais je la voyais bien. Alors que la charmante McLeod s'apprêtait à relancer la discussion, je vis deux spectres apparaître dans l'encadrement de la porte fenêtre. L'homme avait le menton droit, l'air fier. Il portait des vêtements de son temps et arborait une épaisse barbe. Archibald était sans doutes le fantôme le plus respecté de notre famille. A ses côtés se tenait plus rarement une femme. Elle avait le regard dur, froid, critique. Habillée d'une longue robe autrefois verte pale, aujourd'hui translucide, elle détaillait les personnes de son regard persan. Elle portait d'élégant bijoux, témoignage du rang qu'elle avait lors de son vivant. Il s'agissait de Constance, la femme d'Archibald. tout deux flottaient dans les airs, à quelques centimètres du sol. Ils s'avancèrent vers nous et je m'empressa de faire les présentations. “ Permettez-moi de vous présenter Delliha McLeod. Delliha, je te présente mes ancêtres, Archibald et son épouse Constance Lestrange. ” Archibald me souris, il porta un regard quelque peu curieux mais très poli sur la jeune femme qui se tenait à mes côtés. Constance elle, regardait ailleurs, refusant même de poser ses yeux sur la demoiselle. Elle était ainsi, très hautaine et glaciale. Il fallait beaucoup de temps avant de se faire accepter par cette ancêtre. Ma mère avait semble-t-il mis plus d'une année avant que Constance ne daigne à lui adresser la parole comme à une égale, une personne de notre famille. Je redoutais qu'elle refroidisse Delliha, mais après tout, elle n'était qu'un fantôme. Elle ne pouvait rien faire... Archibald s'avança vers la jeune McLeod. Il voulut lui faire un baise main, invitant la demoiselle à suivre son geste qu'il ne pouvait vraiment accomplir dut à son aspect fantomatique. “ Un plaisir de vous rencontrer mademoiselle. J'ai connu l'un de vos ancêtres, un homme charmant... ” Archibald sourit à la demoiselle souhaitant la mettre à l'aise. Il était un homme très élégant, bien éduqué. De son vivant, il avait attiré bien des convoitises de part son rang et ses belles manières. “ C'est une blague j'espère ?! Vous avez vu ses hanches ? Jamais un enfant bien formé ne pourra en sortir, croyez moi.  ” La voix semblait venir de nulle part, et, en la reconnaissait, je leva les yeux au ciel. Le fantôme d'une femme aux formes généreuses apparue alors derrière le couple. Elle s'avança vers Delliha comme s'il ne s'agissait que d'une poupée et en fit le tour pour la détailler.  “ Voyons Archibald, ne vous faites pas d'illusion, elle sera incapable de faire sortir quoi que ce soit par là. ” Constance qui fixait toujours le jardin eut un rire moqueur, approuvant les dires du spectre. Constance jeta un coup d'oeil critique à Delliha, la détaillant d'un regard peu flatteur. “ Avez-vous remarqué sa maigreur ma chère Edith ? J'ai cru qu'elle était l'une des notre lorsque je l'ai aperçue. Le spectre d'une pauvre jeune femme, morte de faim. ” Constance eut un rire cristallin. Je déglutis, il était parfois dur de gérer ces fantômes. Les contredire étant très peu conseillé car les énerver n'était pas une solution. Ils étaient mort, ils n'avaient rien à perdre alors que nous vivants nous avions tout à y laisser. Mais je ne pouvais laisser Delliha dans l'embarras de cette pluie de critiques. “ Mesdames, je vous en prie. Delliha est une brillante sorcière respectable. ” Je ne m'avançais pas trop en disant cela. Je la savais brillante, d'un esprit vif et intelligent. Nos travaux en équipe étaient toujours couronnés de succès. Nous avions parfois des divergence d'opinion mais des débats constructifs et argumentés réglaient nos désaccord. C'était bien une des seules chose que je savais de la jeune femme. Elle était cultivée et brillante. En disant ces mots j'avais fait un pas en avant, créant une limite entre les deux femmes fantomatiques et notre invité. En me voyant agir ainsi, Archibald ne put réprimer un sourire. Et, avant que l'on ait le temps de réagir, un courant d'air gelé traversa le balcon. Filant à une vitesse vertigineuse un nouveau spectre fit son entrée, faisant le tour des personnes présentes avant de s'arrêter devant moi. Il s'agissait du fantôme d'une jeune enfant âgée d'une dizaine d'année. Elle me regardait avec de grand s yeux ravis. “ Aliénor ! Je me demandais quand tu allais nous rejoindre. ” La petite fille gloussa, ravie de me revoir, lorsque son regard se posa sur Delliha. Elle la détailla, perdant un instant cet éclat de joie. “ C'est qui celle là ? Qu'est-ce qu'elle fait là avec toi ? Elle est morte elle aussi ? ” Je me pinça les lèvres un instant, faisant un pas en arrière pour revenir aux côtés de la jeune femme. Mais je n'eus le temps de dire mot qu'Archibald pris la parole. “ Et bien ma chère Delliha, j'espère que toute cette agitation ne vous intimide pas trop. Ce manoir, vous l'aurez compris est habité par de nombreux ancêtres de la famille. Voici Aliénor, notre fille. La plus jeune d'entre nous, ou l'une des plus vieille... cela dépend de votre point de vue. Avez-vous visité le salon à l'étage ? Où sont entreposé les tableaux de tous les fantômes hantant ce lieux. ” Je fis un non de la tête à Archibald, lui indiquant que nous avions pas encore eu le temps pour une visite.  “ Alors qu'attendez-vous ? Eren voyons, le jardin est certes magnifique mais il serait temps de faire un petit tour de notre demeure. ” J'approuva d'un signe de tête et m'avança d'un pas, tendant une main à Delliha pour l'inviter à nous suivre. Constance et  Archibald s'éclipsèrent alors, promettant de nos rejoindre plus tard. Ils devaient retrouver nos parents pour prendre part à ces accords. Edith resta sur le balcon, nous observant partir puis elle fila sans doutes pour aller trouver les autres fantômes et s'empresser de raconter ce dernier potin. Seule Aliénor resta avec nous, restant collée à moi, ne cessant d'observer d'un oeil curieux, presque mauvais Delliha. Nous traversâmes alors les couloirs. En passant devant les portes, je résumais en quelque mots ce qui s'y trouvait derrière. Cependant, lorsque nous passâmes devant la chambre de ma soeur, je garda le silence. Ne voulant inventer de mensonge, mais ne voulant pas non plus parler d'elle et de la traître à son sang qu'elle avait été. Nous nous arrêtâmes devant la porte adjacente “ Derrière cette porte se trouve ma chambre... ” Je resta hésitant, ne sachant si je devais l'ouvrir à la jeune femme. N'étais-ce pas une grande intrusion dans ma vie privée ? Mais avant que je ne propose quoi que ce soit, Aliénor intervint.  “ Mais t'as pas le droit de voir. Une seule fille à le droit d'y rentrer... et c'est moi. Et puis Mère a raison, tu es maigrichonne, tu ne tiendra pas l'hivers alors bon, faut pas perdre de temps avec elle. ” Elle adressa un grand sourire narquois à la jeune femme. D'un haussement de sourcil, elle voulait montrer sa supériorité. Je leva les yeux au ciel, esquissant un sourire amusé. Aliénor était une enfant, certes une très vieille enfant. Je considérais que tout n'était qu'un jeu pour elle, il n'y avait pas de soucis à se faire mais je ne remarqua pas ce sourire mauvais qu'elle adressa à Delliha lorsque je regardais ailleurs. Ses traits angéliques paraissaient soudainement démoniaque avec ce sourire là sur son minois.  
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Chocolate Rain
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MessageSujet: Re: Promesses Assassines    Lun 1 Aoû - 16:07

« Permettez-moi de vous présenter Delliha McLeod. Delliha, je te présente mes ancêtres, Archibald et son épouse Constance Lestrange. » La poupée détailla les fantômes, polie mais curieuse, elle aussi. Elle restait muette, attendant selon les usages que les personnes plus importantes qu’elle, prenne la parole en premier… Elle ne causerait guère une telle offense face à des personnages aussi arriérés et surtout pas lors de la première fois entre ces murs. Un sourire fin se trace sur ses lèvres lorsqu’elle entend parler l’homme. « Je suis honorée de vous rencontrer, j’ai beaucoup entendu parler de vous. » Elle hoche la tête lorsqu’Archibald mentionne l’un de ces ancêtres : Honorius McLeod. C’était cet homme qui avait bâtit la richesse des McLeod en Angleterre. Mais bientôt, une autre voix s’éleva. Evidemment, la petite poupée était visée et elle haussa un sourcil. Si Delliha McLeod avait bien horreur d’une chose… C’était ça : le regard de ces femmes qui perdent leur temps à critiquer sans faire autre chose. Si elle désirait devenir une femme de pouvoir, avoir une place au sein de la société c’était aussi pour fuir le plus possible ces salons où elle n’entendrait que potins, s’éloigner de ces jeux où chacune tente d’étaler la perfection de sa vie, les réussites de son époux ou de ses enfants. Non. Ce n’était pas une telle vie qu’elle voulait. Droite, l’étudiante laissa un sourire planer sur ses lèvres. Elle détailla Edith aussi, et répondit : « Je ne veux que vous rappelez à quel point les mœurs, les physionomies et la médecine n’ont eut de cesse d’évoluer depuis… » Si les remarques de cette femme l’effleuraient à peine, celles qui suivirent la touchèrent davantage. Elle avala sa salive. Elle aurait pu cracher tant d’horreur, mais elle n’était pas ici pour cela, n’est-ce pas ? Elle fixait Constance, l’observait rire. Spectre. Pauvre. Morte de faim. Comment sa maladie allait-elle être accueillie ? C’était ici qu’elle était censée trouver repos et calme lorsqu’elle serait en convalescence ? L’idée lui paraissait presque surréaliste. « Mesdames, je vous en prie. Delliha est une brillante sorcière respectable. » Et qu’est-ce que tu en savais, toi ? Elle ne réagissait pas, restant figée. Elle sentit le poil chaud de son loup blanc glisser contre ses mollets. Ne me touches pas, idiot. Sokratis échappe un léger grondement, mécontent. Mais ce n’était pas le moment de trahir son malaise, lorsque l’on avait passé des années à modeler cette porcelaine si parfaite sur son visage. Mais dans ses prunelles brillaient quelque chose d’indescriptible. Le manoir des Lestrange était semblable aux Enfers, un instant.

Soudainement, un courant d’air glacé prit Delliha, un frémissement désagréable prenant son corps entier. Le cœur serré, la sensation était dérangeante. Presque alarmée, ce fut pourtant tes paroles qui la rassurèrent à moitié. « Aliénor ! Je me demandais quand tu allais nous rejoindre. » Encore un autre fantôme ? Mais s’amusaient-ils donc à tous rester, une fois la mort les ayant emporter ? La joie meurt sur les traits de l’enfant aux allures fantomatiques. Son franc parlé est tout aussi dangereux que le venin des femmes qui venaient à peine de se calmer, respectant quelques instants probablement la demande de clémence d’Eren. Mais la Serpentard s’efforce de sourire poliment et d’hocher la tête en entendant Archibald reprendre la parole… Mais personne ne reprend l’enfant roi, ce fantôme dérangeant, par ses traits et sa manière de s’exprimer.

Bientôt, la visite se poursuivit. Sur vos talons, la petite fille. Ses regards étaient mauvais et Delliha les remarquait. Elle les remarquait si bien qu’elle n’osait faire aucun commentaire en sa présence, découvrant seulement le manoir. Lorsque vous vous arrêtèrent devant ce qui semblait être ta chambre. Cette porte que tu ne prendras pas la peine d’ouvrir. Ces lieux qu’elle découvrira probablement beaucoup trop tôt à moins que tu ne déménages dans une autre chambre lorsqu’elle arrivera. Peut-être devra-t-elle coucher à tes côtés toutes les nuits, ou auriez-vous des chambres séparées. Elle l’ignore et elle ne préfère pas le savoir pour l’instant. Mais son regard se repose lorsqu’elle entend l’enfant. « Et puis Mère a raison, tu es maigrichonne, tu ne tiendras pas l’hiver alors bon, faut pas perdre de temps avec elle. » C’est probablement en cet instant là que Delliha compris que tu avais des liens beaucoup trop humain avec ces fantômes. Ce fut au sourire de la petite fille qu’elle réalisa qu’elle aurait probablement préféré se battre contre de réelle personne. Allait-elle devoir craindre que cette enfant subtilise ses remèdes ? Elle en avait presque la certitude. Elle répond, froide et sarcastique : « Commence donc à prier…. » Aliénor était amoureuse d’Eren, ou bien le considérait-elle comme sa simple propriété. L’étudiante s’était attendue à tout…. Devoir conquérir un homme, vomir à l’idée de n’être qu’une alliance, une poupée à traiter lors des réceptions, sans amour, sans considération… Elle s’était préparée à bien des choses depuis son enfance… Mais pas à se battre contre des ancêtres fantomatiques pour trouver sa place au sein d’une famille et encore moins face à un amour… D’enfance ? D’outre tombe.

Elle sentait le malaise gonfler en elle. Elle avait désiré si fort que ses promesses de fiançailles soient rompues avec l’allemand… Mais elle avait trouvé ses repères et sa place chez eux. Mais pas le respect de l’homme avait qui elle aurait dû partager sa vie. Face à cette réalité qu’elle devait tout refaire, tout réapprendre, glissé dans un masque constant de retenu pour être parfaite au travers des yeux d’illustres inconnus… Non. Cet inconnu lui faisait soudainement peur.

Delliha observa le petit monstre sautiller devant eux, bien trop heureuse que sa nouvelle ennemie n’entre pas dans la chambre d’Eren. Elle prenait un peu d’avance mais surveillait consciencieusement que les promis ne se touchent pas. Le silence lui tordait les entrailles… Mais elle finit par prendre la parole, tout bas : « Tu sais que je suis malade ? » Elle n’avait pas envie de faire semblant. Elle n’allait pas mentir à ta famille. Encore moins à toi… Au fond, cette femme-enfant espérait simplement avoir du soutien et ne plus simplement être enfermée dans une chambre.

Mais la poupée se fige dans votre marche. Evidemment que tu es au courant… Comment une famille aussi importante aurait pu accepter d’avoir une telle bru ? Son souffle tremble un instant, elle fronce les sourcils et te dévisage quelques secondes. Tu as une tare, toi aussi ? Avait-elle un rapport avec ces fantômes ? Ta fiancée disparue ? Ta santé ? Ton mental ? Ses lèvres se pincent légèrement avant qu’elle ne demande : « J’imagine que personne de censé n’aurait accepté de telles fiançailles si il n’y avait rien à cacher… ? N’est-ce pas ? » Elle ne voulait pas savoir. Deux familles qui acceptaient d’étranges compromis pour… Eviter la honte ?

Elle finit par reprendre votre visite sans rien dire, emboîtant ton pas.
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MessageSujet: Re: Promesses Assassines    Lun 1 Aoû - 16:08

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Delliha✧ Eren
Aliénor était une si douce enfant, aux airs angéliques, au sourire rieur. Elle avait été une si bonne partenaire de jeux étant enfant. J'avais apprécié sa compagnie, la voyant comme ce qui pourrait s'apparenter à une meilleure amie. Nous avions partagés des bêtises, des fous rires, des secrets. Mais il est toujours étrange de lier une amitié d'outre tombe. Parfois, il m'était arrivé d'oublier qu'elle était un fantôme. Je ne voyais plus son aspect spectrale, je la prenais pour l'une des nôtres. C'était une évidence qu'elle était sans doutes l'une des habitantes de cette maison la plus perdue entre vie et mort. Elle était décédée si jeune, morte noyée. Elle ne m'en avait jamais parlé mais Archibald me l'avait déjà évoqué. Elle était morte enfant, alors qu'elle venait à peine de témoigner de ses premiers talents magiques. A l'époque, le petit étang du fond de notre jardin était beaucoup plus grand et l'on pouvait y faire un tour en barque lors des belles journées d'été, ce qu'Aliénor aimait particulièrement faire. Mais ce jour là, elle tomba de la barque. Et personne n'était là pour la sauver. Ses parents étaient affairés ailleurs, et le domestique qui l'avait accompagné ne savait pas mieux nagé qu'elle. Constance avait d'ailleurs été convaincue que c'était lui qui avait poussé sa tendre fille à l'eau. Le malheureux avait dès lors été torturé jusqu'à ce qu'il pousse son dernier souffle. Mais Aliénor n'en parlait jamais, faisant à peine la différence entre le monde des morts et celui des vivants. Et dans ma jeunesse, Aliénor avait été le fantôme le plus présent dans ma vie. Si son corps n'avait pas été immatériel, mon premier baiser aurait été pour elle. Douce enfant capricieuse, princesse d'une autre époque, fille chérie au destin tragique. J'avais de fait, toujours été proche d'elle.

L'attitude du fantôme vis à vis de Delliha ne me surprenait guère. Je connaissais déjà cet aspect de sa personnalité. Elle était une enfant possessive, qui avait besoin de toute l'attention et qui ne supportait la concurrence. Elle en avait fait voir des vertes et des pas mûres à ma meilleure amie Lenore, se sentant remplacée par elle. Mais elle n'en restait pas moins qu'une enfant, sujette aux caprices de son innocence. C'est pourquoi je ne dis rien au fantôme lorsqu'elle narguait la jeune McLeod. Et alors qu'Aliénor sautillait devant nous, visiblement ravie, Delliha parla plus bas. Je la fixais, silencieux. Prenant la mesure du sujet qu'elle voulait aborder. Aliénor s'arrêta également, nous fixant étrangement, sentant qu'elle n'avait plus une bride de notre attention. “ J'en ai eu vent effectivement... ” Oui, on m'en avait déjà parlé mais sans que je ne me montre plus curieux que cela à ce sujet. Je ne savais même pas si j'avais envie de plus en apprendre là dessus. La verte et argent continua alors, posant une question qui fit sourire le serpent que j'étais, malgré moi. Elle n'était donc pas une jeune fille crédule et pleine d'une insouciance qui m'aurait bien vite agacé. “ Tu vois, je te l'avais dis. Rien à voir avec l'autre. ” Psyché avait eu l'oeil, mais ce n'était pas pour autant que je connaissais la jeune femme. Il m'en faudrait tellement plus pour apprendre qui était ma future promise. Je n'avais de fait pas encore la confiance suffisante pour ne plus avoir de secrets vis à vis de la sorcière. Il me faudrait être sûr qu'elle et moi partagions les mêmes valeurs, que nous étions sur la même longueur d'onde. “ Alors c'est bien la preuve que je suis fou, ou du moins que ma famille l'est. ” J'adressa un sourire énigmatique à la sang pur alors qu'Aliénor grimaçait plus loin mécontente de cet échange auquel elle n'était invitée. Le fantôme s'avança vers nous, adressant un regard hautain à ma camarade. “ En plus de n'avoir que la peau sur les os, tu es malade ? Mais quelle handicap a-t-on voulu te mettre dans les pattes Eren ?! ” Je souffla, jetant un coup d'oeil mécontent à l'enfant pourtant si fière de sa pique. “ Tu va me faire le plaisir de cesser ces commentaires déplacés. ” L'enfant me regarda alors, d'autant plus fâchée qu'elle n'avait pas l'habitude que je m'oppose à elle. Moi, ou n'importe qui d'autre d'ailleurs. Elle était une enfant reine à qui on ne refusait rien mais ce n'était pas pour autant que j'allais la laisser se montrer aussi désagréable avec notre invitée. La demoiselle s'éloigna alors et partit devant, disparaissant au détour d'un couloir, visiblement mécontente de tout cela. Elle allait bouder quelques heures avant de revenir avec sa mine réjouie, comme si rien ne s'était passé. Elle n'était qu'une enfant après tout. Je me tourna alors vers Delliha, l'invitant à continuer notre visite mouvementée de cette vieille maison familiale. Et sans qu'elle n'ait eu à en parler, je me permis d'aborder avec elle l'attitude de tous ces fantômes. “ Les fantômes ne se montrent que très peu lorsque nous avons des invités. Il leur arrive de se montrer parfois... déplacés... tu l'aura bien remarqué et Archibald n'aime pas cela. Alors ils n'ont pas l'habitude. ” Je repris la visite arrivant bientôt à la fin de cette aile de la maison alors que nous arrivions à une pièce qui si d'apparence elle n'avait qu'un intérêt limité, en réalité, elle était l'une des plus importantes.  “ Ici, les murs ont des oreilles tu l'aura bien compris. Ils vont et viennent librement dans la maison. Mais il y a une seule pièce dans laquelle je ne les voient jamais se rendre... ”  Alors que je prononçais ces mots, je m'arrêta devant une lourde porte en bois de chêne. Je posa ma main sur la poignée et l'ouvrit doucement dans un grincement dérangeant. Puis j'invita la demoiselle à pénétrer dans cette nouvelle pièce. Le sol était de parquet recouvert de tapis nobles. Le plafond était haut et décoré d'enluminures. Et sur les nombreux murs étaient accrochés des tableaux, portraits de nos ancêtres. Je m'avança alors dans le centre de la pièce, laissant tout le loisir à la sorcière d'examiner les tableaux de plus prèt. “ Ce sont les portraits des Lestranges revenus sous forme de fantômes. Sur chaque cadre de chaque tableau, tu trouvera leur nom ainsi que leur date de naissance et de mort. Et la façon dont ils sont mort y est également inscrit pour certains. ” Je m'avança alors vers le plus imposant des portraits. Il représentait un bel homme dans sa trentaine, le menton haut, l'air fièr. “ Ils ne viennent jamais ici, c'est bien la seule pièce à l'abris de leurs indiscrétions... car ils n'aiment pas se rappeler qu'ils sont morts, et encore moins se remémorer comment ils le sont. ”  Mon regard se perdit dans toutes ces oeuvres. Je restais attentif à la verte et argent, attendant ses questions pour y répondre avec le plus de précision dont j'étais capable. Mais je profitais aussi d'être dans cette pièce pour discuter avec elle en toute discrétion et pouvoir aborder un sujet qui aurait encore fait jaser tous les fantômes de cette maison. “ Pour en revenir à ta maladie, comme je te l'ai dis, j'en ai déjà eu vent, sans jamais savoir de quoi il s'agissait... Est-ce grâve ? ” Je ne savais trop si en posant cette question je me questionnais simplement sur son état, où si je m'inquiétais d'être promis à une jeune femme faible et malade.
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MessageSujet: Re: Promesses Assassines    Lun 1 Aoû - 16:09

« J’en ai eu vent effectivement… » Mon cœur palpite sans que j’en admette réellement la raison. Ta voix si douce, si calme, un murmure perdu dans le vent, abandonné à mes angoisses naturelles. Mon cœur se tordait un peu plus et mon regard effleurait ton visage anguleux, à la peau si pâle. Entre tes mèches domptées pour l’occasion, brillaient tes yeux :  je restais silencieuse, presque stoïque, figée dans cette attente de plus… Toujours plus. Et ce sourire qui venait étirer tes lèvres… Comme un souffle de satisfaction étrange, presque morbide. A moins que cela ne soit que du jeu. Encore et toujours. Tu vois, je te l’avais dis. Rien à voir avec l’autre. Serions-nous condamnés à ne faire que comparer avec ce que nous avons perdu ou quitté ? Serais-je constamment comparée à cette traître à son sang ? Je devrais probablement m’en offenser que l’idée même ne vous effleure… Figée, la bouche résolument close, je t’observais de mes prunelles perçantes. Au travers de ces deux orbes si clairs, de mes pupilles de vipères. Alliez-vous aussi me comparer à l’enfant morte, qui sautille et nous observe beaucoup trop ? Un véritable petit chien qui doit être malheureux de ne pouvoir me mordre ou me jeter du haut des escaliers. « Alors c’est bien la preuve que je suis fou, ou du moins que ma famille l’est. » A demi-mot tu formules une insulte qui me fait détourner l’attention, sourire vaguement. L’un de ces sourires méprisant, avant que je n’inspire. Si tu es fou, tu es malade, tu as une tare. Si ta famille est folle, c’est une image, une simple manipulation des mots et de leurs sens. Seulement une famille inconsciente ou seulement désespérée… A moins que Père ne se soit tenté à minimiser mon état de santé, une fois de plus. J’inspirais profondément, silencieusement. Ma poitrine se gonflait, incapable de se défaire de cette tension qui s’accumulait dans mon être.  Mais si ce n’étaient pas tes proches, ce sont tes ancêtres qui ne feront qu’hurler face à la dite folie de ta famille. Mon regard était presque résigné lorsque j’entendais de nouveau la petite fille glapir ses indignations. Mais mon visage était si froid, véritable poupée de porcelaine figée dans le temps. Je lui faisais concurrence avec ses attraits mortuaires. « Tu vas me faire le plaisir de cesser ces commentaires déplacés. » Ma surprise tira légèrement mes traits mais je ne bougeais pas réellement. J’observais l’enfant sans même éprouver le moindre plaisir que tu la calmes. C’était une enfant diabolique sous ses traits si angélique, la personnification des caprices enfantins… J’étais cette même enfant autrefois et je le suis parfois encore, lorsque mes humeurs me traînent dans des desseins enfantins. Des travers d’égoïsmes et de vanité virulente : j’étais l’enfant-roi qui disposait de ses sujets, de sa famille comme bon lui semblait. J’exigeais et l’on s’exécutait à moins que l’on ne veuille découvrir la puissance incontestable de mes vocables. Je savais quel était le jeu et ses règles : lorsque nous sommes enfants, nous ne sommes que cruauté. Rien ne nous arrête si ce n’est ce sentiment si valorisant de satisfaction. Eternelle insatisfaite aux désirs changeants, elle courrait après ses envies et ses idées, rien de plus. C’était probablement la cruauté la plus redoutable : elle n’avait rien à perdre si ce n’est du temps et une envie qui serait vite remplacée.

La visite se poursuit et tu te montres plus bavard. Ta famille t’inspire : tu en es fier et tu le portes avec conviction. Dans ta manière de te déplacer, d’occuper l’espace, jusqu’à dans tes gestes et ta manière de t’exprimer. Tu étais fier de cette famille, de tes racines, malgré les défauts de tes ancêtres. Tu les excusais, tu me guidais vers un premier secret. La curiosité attisée je te suivais, te faisant étrangement confiance. A tord, probablement mais je découvrais un véritable trésor, un patrimoine inouïe. Je souriais un peu, m’approchant des tableaux avec toi. Nous avancions lentement et je regardais ces visages qui bougeaient à peine, je lisais les noms et m’étonnait à y lire, comme tu le mentionnais, la raison de leur mort. Mon regard glissa un instant sur toi avant que je ne revienne à détailler certains tableaux.
Bientôt, mon attention fut attirée par ceux de ces fantômes qui hantaient la demeure. J’observais les traits presque surréalistes d’Archibald Lestrange avant de voir sa fille. Morte noyée. Un frisson glacial me prit et mon regard se perdit quelques secondes. « Pour en revenir à ta maladie, comme je te l’ai dis, j’en ai déjà eu vent, sans jamais savoir ce quoi il s’agissait. Est-ce grave ? » Non, évidemment, ce n’était qu’un rhume que je me trainais depuis mon enfance. Je détestais cette question. Je regrettais presque un instant de l’avoir posé, d’avoir attiré ce sujet là. Je n’avais aucune envie de te voir me juger sans me connaître. De t’entendre me demander comme ces femmes mortes, si je serais capable d’enfanter ton héritier. Si je serais capable de survivre à une grossesse. Si je ne me résumerais pas à un poids presque mort, que tu te traînerais un temps… Avant de m’abandonner au fond des pièces de ce manoir trop grand, aux soins d’un domestique trop vieux… Ou pire encore de l’un de ces hideux d’elfe. Mon attention se fanait et mon assurance flottait ailleurs. Je n’étais plus ici, mais probablement à m’imaginer un autre monde, une autre histoire. Une autre vie, une autre chute. « Je me suis noyée, enfant… » Je reposais mon regard sur le tableau d’Aliénor, laissant le silence retomber. Je ne t’observais pas je n’étais pas tournée vers toi. « Pas assez longtemps pour mourir…. Mais assez pour tomber dans le coma. » Et le coma est une chose si fatale pour des êtres si fragiles. Mes doigts glissaient contre la peau fine de mon poignet. Sokratis était calme et avançait lentement, presque à l’aise. Il t’observait. J’avouais sans concession ce que je cherchais à dissimuler au plus grand nombre : pour être digne, pour être fière, pour éloigner cette pitié et cette honte qui brûlait mon derme de satin. Pourquoi devrais-je te mentir ? Alors que d’ici quelques mois je serais probablement à réclamer la mort dans mon linceul ? Je détaillais encore le portrait de l’enfant : elle était probablement tout ce que j’étais enfant, peut-être même ce que j’aurais pu devenir si j’avais refusé la mort. J’aurais réellement hanté mes frères pour les devenir fous, les pousser au suicide. « Depuis, j’ai des problèmes pulmonaires. » Je relevais la tête, pivotant vers toi. Une maladie qui me fatiguait et me détruisait par intermittence. Un remède qui me faisait perdre l’appétit comme tout l’inverse. Mon regard te détaillait, je te dévisageais réellement. Devais-je former la réalité avec mes mots, sans te laisser la possibilité d’imaginer moins ? J’aimerais. Mais cela serait mal. Je ne veux pas t’entendre hurler auprès de ta famille de te débarrasser de moi. « L’on pourrait dire que je respire mal… Il m’arrive d’être alité. » Quelle honte… Quel aveu. Je sentais mes muscles se tendre et ma fierté se gonfler. Parler de cette faille sans rien laisser transparaître… Un mot de travers et je te détesterais si longtemps. Mon sang mal oxygéné m’empêchait d’avoir l’énergie nécessaire pour vivre pleinement. J’haussais un sourcil, presque hautaine en ajoutant : « Mais cela ne m’empêche pas d’être ici. » Je posais mon regard sur le loup blanc en l’entendant commenter mes paroles. Un sourire amusé se glissait sur mes lèvres. Ni d’obtenir ce que je désire.  Mon regard se reposait sur toi. « Cela ne m’empêche pas de vivre ma vie… » Sauf quelques longues semaines par an…Quatre mois, cette année.

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MessageSujet: Re: Promesses Assassines    Lun 1 Aoû - 16:09

Promesses Assassines
Une alliance ne protège qu'un seul doigt
Delliha✧ Eren
Je l'observais silencieusement cette douce princesse alors qu'elle s'éloigna d'un pas, posant ses yeux sur le portrait de l'enfant, se perdant un instant dans la peinture. Je ne la pressa pas, laissant ses paroles venir, écoutant sans intervenir. Je ne savais trop à quoi m'attendre comme réponse et quelle impact cela aurait. Si elle devenait ma promise, bien sûr que son état de santé me concernerait. Étant amené à vivre avec elle, il fallait que je sache, il fallait que je me prépare à l'engagement que cela impliquerait. Je ne savais trop pourquoi, moi que l'on qualifirait plus facilement d'égoïste, égocentrique... la santé même de mes parents ne m'intéressait guère. J'avais bien cette capacité à me désintéressé du sort de tous. Même avec ma précédente promise, je ne lui portait guère d'intérêt. Etait-ce à cause de la tournure tragique de ce dernier engagement que j'avais subitement plus envie de m'investir dans la vie de cete nouvelle jeune femme qu'on mêlait à la mienne ? C'était sans doute parce que j'avais bien appris de mes erreurs. Avec la précédente j'avais eu la faiblesse d'esprit de penser qu'elle pouvait bien être et faire ce que bon lui semblait, cela n'entraverais pas ma destiné. Et j'avais appris à mes dépends que ce n'était pas le cas. En tant que fiancés nous nous retrouvions unis par delà ce que j'avais imaginé. Mais quelque chose m'inspirait d'avantage confiance en cette jeune femme. Je ne saurais le décrire et ce n'était pas pour autant que je baisserais ma garde si facilement. Il y avait bien quelque chose dans sa démarche, son attitude, ses gestes, sa voix de tellement plus noble et distingué. Elle semblait, d'apparence tout du moins, être une femme de taille, une sorcière qui saurait répondre à mes attentes de cette union arrangés. Mais une ombre semblait planer au dessus d'elle, cette maladie avait assombrit ses yeux clairs. Je ne savais rien à ce propos et aux vues de l'ombre qui s'était projeté dans son regard à son évocation, j'avais bien eu peur que tout soit gâcher par de simples maux. Ma question avait alors fusée, incapable de la retenir plus longtemps. Et doucement des paroles franchirent ses lèvres répondant peu à peu à mes interrogations. Je compris alors son arrêt devant le tableau de cette charmante Aliénor. Alors au dela de tout, quelque chose les unissaient. Aliénor n'avait jamais parlé de cet évènement tragique, pas même avec moi. Mais je me doutais bien du traumatisme que cela pouvait causer. Deliha avait eu cette chance de vaincre la mort alors, ce qui n'avait pas été donné à Aliénor. Alors bien sûr qu'elle avait des séquelles aujourd'hui. J'écoutais silencieusement, prenant la mesure de ses paroles. Mais une détermination à bien se montrer vivante transpirait dans ses mots. Elle n'était pas une victime de la vie et cette attitude me rassurait. Qu'aurais-je fait d'une malade prisonnière de sa situation, sans volonté de se battre pour vivre. Je ne voulais pas d'une victime à mes côtés, d'une faible. Elle aurait put avoir toutes les malades du monde tant qu'elle restait forte je ne regretterais pas cette union. A ses paroles, je resta de marbre, ne laissant rien transparaitre. Et je n'en demanda pas plus, considérant que je ne devais me montrer plus curieux à ce sujet. Cela n'avait pas d'incidence sur ma volonté d'accepter cette union. Je préférais bien avoir une fiancée respectable, à ma mesure mais malade qu'une sotte encombrante et embarrassante mais en bonne santé, nul besoin de s'étendre sur le sujet. Ainsi, je changea naturellement la conversation. “ J'ai entendu que tu as donc deux grands-frères... ” Je perdis mon regard dans le vide un instant, repensant à mon aînée disparue. “ Tu t'entends bien avec eux ? ” Je me demandais alors ce que ça faisait, de grandir avec d'autres enfants et surtout de bien s'entendre avec eux. Ma soeur et moi étions tellement opposés, rien ne nous réunissait jamais une once de complicité était née entre nous.

Puis, une voix s'éleva de derrière la porte, un elfe de maison passa sa tête dans l'entrebaîllement. “ Maître Eren, vos parents vous invitent à les rejoindre dans le grand salon. ” J'acquiesça d'un signe de tête alors que l'elfe disparaissait aussitôt. Tournant mon visage vers la poupée McLeod, je lui adressa un léger sourire.   “ Bon, il est temps de les rejoindre. ” J'invita la demoiselle à me suivre alors que je faisais quelques pas pour quitter la pièce. Avant d'en sortir, je me m'arrêta pour faire face à la jeune femme. J'avais bien une dernière question à poser à la verte et argent avant de retrouver nos parents et d'entendre l'aboutissement de leur accord. Il fallait que je connaisse son point de vue sur la situation qui se préparait. Profitant de ce dernier moment d'intimité, je la questionna alors. “ Même si la décision ne semble pas nous appartenir, je voudrais savoir ce que tu penses de cela. Nous nous connaissons à peine, mais es-tu prête à accepter cette promesse ? ” Et j'attendis sa réponse. Car avant d'accepter cet engagement, je devais savoir si elle étit elle-même consentante à vivre cela. Je ne voulais pas que l'on subisse la décision de nos parents, je ne voulais devenir le pantin de leurs décisions. Si c'était eux qui décidaient de notre devenir, ce serait bien nous qui allions le vivre. Je m'interrogeais encore sur la relation que nous allions trouver l'un envers l'autre. Sarais-ce bien ensemble que nous allions continuer, avançant d'un pas commun ou en tant que victime de leurs desseins.  
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MessageSujet: Re: Promesses Assassines    Lun 1 Aoû - 16:10

Je soufflais cette triste réalité et tu changeais simplement de sujet après avoir gardé une expression délicieusement neutre. Aucun commentaire désobligeant, aucune pitié à me servir, aucune méchanceté. Pas même un peu plus de curiosité mal placée. Je ne savais pourtant comment réellement le prendre, même si c’était largement positif comparé à d’autres… Mais le simple fait de me réduire une fois de plus à la comparaison allait finir par me rendre folle. Je ne pouvais te résumer à cela, nous pourrions devenir malades à compter ces points. « J’ai entendu que tu as donc deux grands-frères… Tu t’entends bien avec eux ? » Que tu ne connaissais pas les noms des grandes familles pourraient être contrariant pour un futur héritier : c’était probablement l’une des premières choses que nous apprenions tous, sitôt sortis du berceau. Apprendre les histoires familiales, les alliances, leurs devises. Savoir qui l’on doit respecter, qui l’on doit caresser dans le sens du poil. Les McLeod était l’une des familles les plus puissantes et influentes d’Angleterre. Mais l’on pourrait te pardonner cette maladresse étant donné que nous étions la famille la plus nombreuse, comptant encore quatre branches pures McLeod, dont certaines comptant jusqu’à encore une dizaine d’enfants dans la branche principale, par exemple… Un potentiel incontestable quant à nouer et entretenir des alliances au sein de l’Angleterre mais aussi à l’extérieur du pays. Nous n’étions pas la famille la plus territoriale, résolue à étendre notre pouvoir au-delà des frontières… C’était en quoi mon alliance avec les Von Sachsenheim était censée nous mettre un pied en Allemagne. Mais ce qu’il y avait à retenir, c’était que j’étais la seule femme à marier dans la seconde branche respectable et influente de notre famille. Avoir trop de mâles dans une même famille n’était pas non plus la plus grande des bénédictions pour la survie de nos branches, mais ne ferait que rassurer les familles alliés quant à notre capacité à enfanter des mâles… Je répondais alors à ta question assez neutre, t’observant : « Trois grands frères… J’ai très peu de contact avec Oscar, notre aîné qui travaille au sein de la Gazette… Puis mes frères, jumeaux, Adonis et Benton… Tu es dans la promotion du premier, notre héritier, il me semble ? » J’haussais à peine un sourcil. Mon regard se perdait de nouveau sur les toiles avant d’ajouter : « Je m’entends bien avec eux. » Nous pourrions en parler des heures durant, si un jour nous venait l’envie de tenter de les attirer à nous, les engluer dans une toile plus grande. « Ils sont quelques peu… Protecteurs. Tu risques de t’attirer quelques réactions désagréables de leur part… Mais ne t’en formalise pas, c’est habituel chez eux… » Depuis ma noyade : ils se sentaient responsables de ce qui m’était arrivé. Père ne les empêchera jamais de l’oublier. Benton ne le pourra probablement jamais, puisqu’il a perdu sa place d’héritier en n’étant qu’un enfant. Cette place avait tournée entre les doigts de nos trois mâles…

Bientôt, la voix de l’elfe s’élevait. La simple vue de cette créature me dégoûtait légèrement, incapable de concevoir que l’on puisse laisser se présenter ces êtres aussi immondes, loin du raffinement des grandes et riches familles que nous étions. Ces êtres aux traits disgracieux me révulsaient tant que mes parents avaient consentis à trouver un domestique pour s’occuper de moi.
J’hochais cependant la tête à ton indication, empruntant les traces de tes pas pour sortir de la pièce. Tu t’arrêtais soudainement et j’en faisais autant, sans comprendre. Nous étions alors étrangement proches, face à face. Mes yeux clairs se mêlaient aux tiens et j’avalais tes mots sagement. La réalité s’affichait alors à toi, à moi, à nous ; le simple fait que tu puisses m’interroger sur mon envie à ce propos ne faisait que me rassurer sur cette union si précipitée. Tu ne semblais pas simplement idiot, prêt à me condamner à ton ombre sans une once de considération pour celle qui devra supporter ta vie et tes décisions. Je ne comptais pas vivre en autarcie dans ce manoir hanté et ton intérêt de mon avis n’était que rassurant. Pourtant, la méfiance régnait dans mon être : tout pourrait paraître bien parfait, de ton comportement à tes manières jusqu’à ce que la bague se glisse à mon doigt, m’enfermant alors soudainement à ton monde. Un monde qui pourrait alors véritablement se dépeindre sous mes yeux et devenir totalement différents à ces promesses inexistantes. Tout n’était que jeu et paraître, j’en avais malheureusement conscience. Mais pour l’heure, je préférais me dire que cette question était sincère, que nous pourrions, toi et moi, nouer et créer quelque chose qui nous aidera à passer les années, mais surtout les premières étapes de ces promesses. Alors je te détaillais encore, laissant le silence tomber après ta question. Je ne réfléchissais pas réellement à ma réponse, je me plaisais à manipuler ce silence, le laisser s’installer pour laisser le doute planer. J’avais envie, j’avais besoin de voir dans tes prunelles, dans tes traits, si ma réponse pourrait avoir une quelconque influence sur toi. Entre les ombres de la vérité et les lumières du mensonge, je finissais par sourire légèrement, presque satisfaite. Je prenais alors la parole, sage, douce et pourtant assurée : « Bien sûr. Je souhaite simplement que l’on se laisse une chance de construire quelque chose qui a du sens. » Je ne réclame pas ton amour, je ne réclame pas ta tendresse, mais quelque chose de réel. Que nous donnions un sens à cette union, plus que celle que nos parents y donnent. Que nous y trouvions un équilibre, un but, et une certaine satisfaction à construire quelque chose ensemble. Je ne désirais pas une vie champêtre et de simplicité. Si nous portions les blasons de Salazar Serpentard c’est bien parce que l’ambition coule dans nos veines.

Je détaillais une nouvelle fois les traits de ton visage. Tu respirais l’élégance et l’assurance, pourtant il y avait quelque chose d’indescriptible qui retenait toute mon attention. Quelque chose d’insaisissable pour l’instant mais dont je me ferais probablement un plaisir de découvrir. Je n’osais point te retourner la question, mais mon regard était toujours aussi franc, planté dans le tien, loin d’être aussi sage et docile que l’on pourrait s’attendre. « Et je vais avoir besoin de toi pour apprendre à connaître ta famille… Toi avec… En si peu de temps. » Depuis  mon enfance, j’avais appris l’allemand,  les coutumes du ce pays, sa géographie, ses secrets. J’avais appris les arbres de Von Sachsenheim, leurs intérêts, leurs objectifs, leurs secrets. Je faisais presque déjà parti de leur famille, seulement je n’avais su attirer l’intérêt de mon fiancé de la bonne manière. Je sentais son cœur se pincer de nouveau. Repartir de rien était extrêmement effrayant, à trop avoir peur de répéter les mêmes erreurs, je craignais d’en faire de nouvelles bien plus graves. Je croisais alors tes prunelles, un premier vrai et léger sourire se glissant sur mes lèvres, presque timide.

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